1.Le CLOUD, définition
Le CLOUD, « C’est un modèle qui permet l’accès au réseau à la demande. Les ressources sont partagées et la puissance de calcul est configurable en fonction des besoins. Le client peut bénéficier d’une flexibilité importante avec un effort minimal de gestion. » (National Institute for Standards and Technology)
1.1.Modèles de déploiement
Public : mutualisation des ressources matérielles et logicielles entre différentes organisations :
- L’attribution des ressources est flexible
- Les économies d’échelle sont importantes
- La sécurité de l’information est moins robuste
Privé : les ressources matérielles et logicielles sont dédicacées à une organisation :
- La mutualisation des ressources est moins poussée de manière à garder une étanchéité plus forte entre les environnements, les possibilités d’attributions des ressources s’en trouvent affectées
- Les effets d’économies d’échelles sont moindres que dans le cas du Cloud public
- La sécurité atteint un niveau garantie important
Communautaire : conçu pour être partagé par des organisations rencontrant les mêmes contraintes, poursuivant les mêmes objectifs :
- Partage des ressources matérielles et logicielles entre organisation ayant des activités et des centres d’intérêt communs (administration publique, transport aérien, pharmacie, hôtellerie, location de voitures …)
Hybride :
- Une association entre différents types de Cloud (public / privé) éventuellement amené à coopérer
1.2.Modèles de service
- IaaS : mise à disposition d’une infrastructure matérielle (CPU, mémoire, espace disque, sécurité physique et logique) et de systèmes d’exploitation (Windows, Linux)
- Paas : il s’agit de plateformes systèmes proposant des suites logiciels de type Web et des outils de développement (pour des environnements de test et/ou de développement)
- SaaS : mise à disposition d’applications (CRM, ERP, bureautique, messagerie, bases de données …)
- DaaS : mise à disposition de données
2.Avantages du CLOUD
Diminution des coûts généraux liés à l’informatique :
- Ajustement du coût à la consommation (est payé ce qui est consommé)
- Mutualisation des achats (économie d’échelle)
- Recours généralisé à la « virtualisation » (diminution des coûts pour le matériel)
- Suppression de la maintenance administrative et technique (licence, achat, comptabilité, commande et réception, panne, veille technologique)
Fiabilité de l’infrastructure matérielle et des logiciels :
- Protection physique des bâtiments (surveillance 7j/24h), du matériel (climatisation, onduleur, système anti feu et dégâts des eaux), des connexions réseau (redondances) et des alimentations (générateur de courant et qualité du circuit électrique)
- Possibilité de redondances de sites (pour le plan de reprise d’activité)
- Professionnalisation accrue de la gestion du matériel et du logiciel du logiciel (spécialisation, procédures, test, veille technologique)
- Renforcement de la sécurité contre les attaques virales, les intrusions et les tentatives d’accès illicites
Priorité au cœur de métier de l’organisation :
- Pour l’organisation ce n’est pas la technologie qui est en avant plan (elle ne dicte pas l’agenda et les priorités), mais son cœur de métier
- Les informaticiens de l’organisation se consacrent plus à l’informatique des métiers de l’organisation (développement spécifiques, support aux utilisateurs, gestion des bases de données)
3.Désavantages du CLOUD
Forte dépendance au réseau :
- Si l’accès réseau s’interrompt, c’est l’arrêt total des activités de l’organisation (un avion est moins susceptible de s’accidenté mais lorsque que cela arrive, c’est tout de suite 300 morts)
- La vitesse de résolution d’une interruption d’accès au réseau va dépendre de la qualité de collaboration de trois acteurs : l’organisation (partie Lan), le fournisseur (partie Wan) d’accès réseau et le FSC (partie Cloud).
Perte de la maîtrise des outils informatiques :
- La perte de la connaissance des outils informatiques induit une perte de la capacité à faire des choix technologiques et d’en juger la pertinence pour l’organisation et sa stratégie
Apparition de nouvelles charges liées à la gestion technique, administrative, comptable et légale à l’égard du fournisseur de service « Cloud » (FSC) :
- Suivi du SLA
- Gestion des audits (surveillance régulière du FSC exercée par l’organisation)
- Contrôle de la facturation
- Gestion des incidents, des plaintes et des procès suite à un litige avec le FSC
Dépendance de l’organisation vis-à-vis de son FSC :
- La relation de confiance est une composante importante qui lie très fortement l’organisation à son FSC, si elle se détériore l’organisation peut se retrouver dans une position où réagir pourrait s’avérer très compliqué
- Une partie des choix technologiques échappent au client (type de serveur, configuration des systèmes, décision de mise à jour ou changement de version, interruption de service, assurance de la compatibilité continue entre le Cloud et la technologie cliente local tels les applications métier ...)
- En fonction de l’ancrage dans l’infrastructure matériel et logiciel du FSC il pourrait s’avérer très difficile de migrer d’un FSC vers un autre, quel que soit le raison
- La politique de tarification et de facturation du FSC, l’orientation stratégique du FSC, son éventuel délocalisation, ses alliances avec différents partenaires, son rachat voir sa liquidation sont autant d’éléments pouvant avoir un impact important sur le client et qui lui échappe en grande partie
4.Les questions à se poser avant
Que serait-il intéressant de mettre dans le Cloud ? :
- Les données et services auxquels l’organisation veux accéder à tout moment et en toutes circonstances (temps, lieu, technologie)
- Les données et services devant bénéficier d’une solution de plan de reprise d’activité après sinistre (suite à une perte majeure de l’infrastructure locale de l’organisation).
Qu’est-ce que je ne voudrais surtout pas mettre dans le Cloud et pourquoi ? :
- Les données et les services critiques pour la survie de l’organisation
Quelles seraient les avantages importants du Cloud pour mon organisation ? :
- La disponibilité des données et des services (temps, lieu, technologie d’accès, PRA, Cluster …)
- La multiplicité des données et des services et leur interaction (en cas de Cloud hybride)
- La collaboration facilitée avec des partenaires du métier, des clients, des fournisseurs de services et des sous-traitants
- La diminution de mes coûts informatiques
- La possibilité de recentrer les activités de l’organisation sur son métier
- Rester au fait des nouvelles solutions technologiques et pouvoir bénéficier de conseils avisés
Qu’est-il important d’inscrire dans le SLA (Service Level Agreement), en termes de modalités :
- La réalisation d’un Prove Of Concept de la solution proposé par le FSC, avec la réalisation de tests ciblés et la définition de niveau de performance qui serviront d’étalons aux tests effectués ultérieurement selon un programme définit à l’avance ou suite à la mise en œuvre de changements (nouvelle version, mise à jour, nouveau matériel, nouvelle configuration …)
- Modalité de tracement des données (sauvegardées, copiées d’un serveur à l’autre)
- Détail des prestations du FSC
- Rapport d’activité rédigé par le FSC (consommation et monitoring des services)
- Tarification et facturation
- Garantie d’un minimum de performances (temps de réponse, vitesse de transfert), de qualité de service (réseau et application)
- Conditions de montée en puissance des ressources (espace disque, CPU, Mémoire, bande passante, nouveaux services …)
- Sécurité (confidentialité, disponibilité et intégrité), politique de sauvegarde/restauration et de PRA
- Modalité de règlement des litiges (références légales)
- Assurance de la réversibilité des données par l’utilisation d’outils et de formats standardisés
- Surveillance en continu des services, des performances et des accès
- Gestion des changements, des incidents et des problèmes
- Organisation des audits
- Mise en œuvre du contrôle interne (afin d’obtenir une assurance raisonnable que les processus auxquels il s’applique atteindront bien leurs objectifs)
- Conditions d’indemnités et cas de défaillance d’obligations contractuelles et de délivrance de services
- Modalité de migration, en tout ou en partie, vers un autre centre (Cloud ou en interne)
Quel serait l’intérêt d’effectuer une analyse de risque rigoureuse et méthodique des vulnérabilités et des menaces en fonction de scénarii de solution Cloud envisagées ? :
- Identification des risques spécifiques (déficit de performance ou de qualité réseau, manque de contrôle des responsables du Cloud sur la qualité de leur propre infrastructure ou sur la fiabilité de leurs sous-traitants, l’exécution de réquisitions judiciaires, une destruction des données ineffective ou non suffisamment sécurisée …)
- Identification du type traitement et/ou de l’acceptation de certains risques
- Au final, obtenir un meilleur contrôle de la solution adoptée
5.En résumer, quelques bonnes pratiques à retenir
Bien identifier ses besoins en matière de Cloud Computing (analyse coûts/bénéfices)
Effectuer une analyse de risque rigoureuse et méthodique en fonction du scénario de la solution Cloud retenue
Accorder une attention particulière à la rédaction du SLA
Suivre avec assiduité le déroulement des activités dans le Cloud, tant du point de vue de l’utilisateur (l’organisation cliente du Cloud) que du prestataire (le FSC) :
- Audit
- Contrôle interne
- Rapport d’activité
- Monitoring des performances
- Suivi des incidents et des problèmes
- Suivi des actions correctives et des changements
- Répétition périodique de l’exercice de l’analyse de risque (tous les deux ans, par exemple)
Se projeter dans l’avenir, anticiper, être proactif :
- Au vu de la vitesse d’évolution des nouvelles technologies, nous ne pouvons plus faire l’économie de la question : Comment cela va-t-il se passer 4 ou 5 ans ? Et toutes celles qui en découlent :
- Quel seront les nouveaux modes de communication privilégiés ?
- Comment les ressources numériques seront-elles partagées ?
- Quels seront les nouveaux moteurs économiques et techniques et les valeurs qui les sous-tendent (la culture, l’esthétique, la santé…) ?
- Le Cloud existera-t-il encore ou sera-t-il supplanté par une forme d’organisation des ressources numériques ?